Filières et Marchés : Viandes Bio : Retour sur la 6ème journée Filières et Techniques 2011
15 novembre 2011
Viandes Bio : Retour sur la 6ème journée Filières et Techniques 2011
La dernière des 6 journées Filières et Techniques de l'année s'est déroulée à la Ferme de la Haye, chez Gilles Bernard et Véronique Marchesseau, à Langonnet (56). La matinée a permis d'aborder, avec les 25 participants, les divers aspects de la filière viande Bio en Bretagne, et s'est terminée par une visite de la ferme de la Haye. L'après-midi, plus axé sur l'aval de la filière, était dédié à une visite de l'entreprise Monfort Viandes et à une présentation du système de commercialisation Unébio, dans le cadre du "Pôle Viande Bio Bretagne".
Les viandes Bio bretonnes : les principaux repères
Avec 60% des fermes Bio orientées vers l'élevage, la Bretagne compte environ 900 fermes alimentant le marché de la viande Bio. L'évolution la plus forte du cheptel concerne les bovins lait (+29%), les poulets de chair (+29%) et les truies (+26%) ; celle du cheptel bovin viande est en hausse de +11%. Les gros bovins représentent 60% des volumes abattus, suivis des porcs (32%), des veaux et des ovins (4% pour chacune de ces filières). Globalement, la production de viande Bio bretonne augmente, même si la dynamique forte de conversion pour les productions carnées Bio en Bretagne observée en 2009 et 2010 semble s'être ralentie en 2011.
Visites de la Ferme de la Haye et de l'entreprise Monfort Viandes
Ferme de la Haye - EARL Bernard - Marchesseau
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La ferme de Gilles Bernard et Véronique Marchesseau, convertie en Bio depuis 2001, compte un cheptel de 52 vaches allaitantes de race limousine (conduites en 2 troupeaux de 26 têtes), sur 80 ha de SAU, avec 2 UTH. Il s'agit d'un système de production naisseur-engraisseur pour les femelles, et naisseur pour les mâles, vendus en broutards. Les veaux restent au champ avec leur mère jusqu'à 9 - 10 mois. Les broutards sont vendus à leur sevrage, en circuit conventionnel ; les génisses, elles, restent sur la ferme où elles sont élevées pour la viande ou le renouvellement ; elles sont ensuite vendues à BVB (Bretagne Viande Bio).
En parallèle de ce système de production, Gilles Bernard et Véronique Marchesseau ont diversifié leurs activités et proposent un accueil à la ferme (chambres et tables d'hôtes, label Accueil Paysan).
Monfort Viandes
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Visite de l'abattoir à Monfort Viandes | Chaîne de transformation de la viande en steaks hachés |
La société Monfort Viandes, employant 60 salariés, est spécialisée dans la découpe et la transformation de bovins. En 2011, elle affiche un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros (contre 8 millions d'euros en 2004), dont 20% en Agriculture Biologique. L'objectif de l'entreprise d'atteindre 30 à 35 voire 40% du chiffre d'affaires en Bio dans les années à venir montre une volonté de développement de la viande Bio, même si la double activité Bio / conventionnel reste nécessaire pour optimiser les coûts et l'outil d'exploitation. L'abattage est principalement réalisé sur le site de l'entreprise Bigard, à Quimperlé. Les produits commercialisés sont divers, à la fois en frais et en surgelé : carcasses de bovins Bio, viandes biologiques muscles semi-parés ou prêts à découper, produits piécés et viandes hachées sous atmosphère protectrice (UVCI)...
En 2010, l'entreprise s'est impliquée aux côtés de BVB et Unebio pour la formation du « Pôle Viande Bio Bretagne ».
Unébio : Première entreprise française de commercialisation de viandes biologiques
Unebio est détenue par 12 structures régionales d'éleveurs Bio en fonction de leur engagement de livraison d'animaux, et rassemble environ 1500 éleveurs Bio français. Unebio organise la relation entre l'offre des animaux, la demande des sites de transformation et la distribution. Objectif : gérer l'équilibre matière et l'optimiser pour prévoir un approvisionnement régulier avec des prix justes et stables. Les animaux sont planifiés pour donner de la visibilité à tous les maillons de la filière : connaissance des besoins et des spécificités du marché pour les éleveurs ; pour les distributeurs : régularité en volume et en qualité, stabilité et justesse du prix.
Réponse à l'arrivée de nombreux éleveurs récemment convertis à l'Agriculture Biologique, le « Pôle Viande Bio Bretagne » a permis de concrétiser le partenariat entre BVB, Monfort Viandes et Unebio.
Le "Pôle Viande Bio Bretagne" : ouverture nationale, sécurisation des volumes et des débouchés
Les interventions successives de Benoît Froger (Bretagne Viande Bio), Pascal Collet (directeur de Monfort Viandes) et Caroline Voland (Unebio) ont permis de mieux connaître les diverses missions du "Pôle Viande Bio Bretagne" créé en 2010 : une organisation dont les objectifs sont de sécuriser les volumes et les débouchés pour les transformateurs et de garantir un prix rémunérateur aux éleveurs.
La SICA (Société d'Intérêt Collectif Agricole) SAS Bretagne Viande Bio (BVB) a pour objectif de trouver de nouveaux débouchés à la viande Bio. Elle regroupe aujourd'hui 350 éleveurs sur les 4 départements bretons, plusieurs boucheries artisanales, un salaisonnier et un transformateur. BVB commercialise les viandes soit vers les bouchers de la région (300 têtes par an), soit principalement vers les GMS et les magasins spécialisés via le Pôle Viande Bio Bretagne (3000 têtes par an).
En conclusion, cette journée a semble t-il répondu aux attentes des participants composés d'éleveurs Bio, de techniciens, de porteurs de projets d'installation, de formateurs et d'opérateurs Bio, même si plusieurs d'entre eux ont regretté que la visite de la ferme ait été trop courte, notamment pour échanger avec l'éleveur qui accueillait le groupe et développer davantage les discussions sur les questions techniques relatives à l'élevage.





